La femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre – Rachel Ramsas, Hugh Davidson et Larry Dorf

Synopsis

Pour Anna, qui a le cœur brisé, les jours se suivent et se ressemblent. Elle s’assoit avec un verre de vin, regarde par la fenêtre et voit la vie se dérouler sans elle. Mais quand un charmant voisin s’installe de l’autre côté de la rue avec sa fille, Anna commence à voir le bout du tunnel. Jusqu’au jour où elle est témoin d’un meurtre horrible… ou pas ?

Un OVNI satirique

Le titre à rallonge fait référence à une certaine catégorie de polars qui fleurit dans les rayons des librairies. Les productions du même acabit, envahissant les petits et grands écrans, restent des valeurs sûres pour les investisseurs. A quelques exceptions près. La femme à la fenêtre, adapté du roman d’ A. J Finn, s’est avéré être un échec cuisant. Netflix joue alors la carte de l’autodérision en se moquant du genre et de l’adaptation qu’elle a elle-même produite. Cette tentative de rattrapage donne lieu à un mélange malicieux de thriller et d’humour noir.

Les créateurs de la série sont partis du constat que certains romans policiers bénéficiant d’un grand succès commercial reposaient sur le même plot. Il s’agit très souvent d’une femme, de santé mentale fragile ou alcoolique, qui voit sa parole remise en question mais qui parvient à résoudre seule une affaire de meurtre. Les réalisateurs s’en sont ainsi largement inspirés pour mettre en scène une femme dépressive noyant son chagrin dans des cocktails d’alcool et de médicaments. On parle bien de litres de vin rouge. Les bouteilles se vident à un rythme défiant toute concurrence. Ce détail met déjà la puce à l’oreille. Quiconque ne peut absorber une telle quantité d’alcool sans passer l’arme à gauche.

Malgré tout, la série est assez singulière. On pense avoir affaire à une intrigue sérieuse avant que le doute ne vienne mettre son grain de sel. J’ai compris rapidement qu’il s’agissait d’une parodie de thrillers domestiques mais je conçois que l’ambigüité puisse brouiller les pistes. La série oscille constamment entre deux tonalités différentes, si bien que certains ne savaient plus ce qui relevait de l’humour noir ou du premier degré. Au fil du temps, le doute se dissipe. Mélangez une histoire de meurtre improbable, une phobie pour le moins étrange, un manque de subtilité assumé et vous obtiendrez cet OVNI satirique. Invraisemblable peut-être mais pas totalement déconnecté de la réalité. L’ombrophobie, qui se caractérise par une peur panique de la pluie, existe bel et bien. Le mélange de gravité et d’humour noir est à la fois équilibré et salvateur car la série n’hésite pas à aborder des sujets sensibles. Le format court apparaît aussi comme un choix judicieux. L’ enquête n’a ainsi pas le temps de s’enliser.

Peut-on parler de cette série sans mentionner l’interprétation de Kristen Bell ? La réponse est évidente. L’ actrice incarne magistralement son personnage en lui attribuant juste ce qu’il faut de satire. Malgré les stéréotypes dont Anna se retrouve affublée, son jeu ne bascule jamais dans l’excès. L’héroïne a beau être paranoïaque et avoir un sérieux penchant pour la bouteille, ses déductions n’en sont pas moins plausibles. J’ai suspecté celles et ceux qu’elle avait dans le collimateur. Tous sans exception. C’est dire si je me suis laissée facilement prendre au jeu.

La fin est tellement rocambolesque que les spectateurs qui auraient encore des doutes sur le ton de la série devraient rapidement revoir leur copie. Le dénouement prête à sourire. Seulement, il aurait été terrifiant si l’intrigue avait été au premier degré. La résolution de l’enquête m’a fait penser à un film d’horreur qui repose sur un phénomène d’inversion pour le moins déstabilisant. Ce long-métrage serait inspiré d’un fait réel qui avait défrayé la chronique en 2007. J’ignore s’il s’agit d’une référence volontaire car je n’ai trouvé nulle trace de ma théorie sur la Toile.

Pour apprécier La femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre, mieux vaut passer outre l’ambiguïté et se concentrer sur sa critique des romans policiers de gare. A voir.

Note : 3 sur 5.

2 commentaires sur « La femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre – Rachel Ramsas, Hugh Davidson et Larry Dorf »

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