Top Gun : Maverick – Joseph Kosinski

Résumé

Après avoir été l’un des meilleurs pilotes de chasse de la Marine américaine pendant plus de trente ans, Pete “Maverick » Mitchell continue à repousser ses limites en tant que pilote d’essai. Il refuse de monter en grade, car cela l’obligerait à renoncer à voler. Il est chargé de former un détachement de jeunes diplômés de l’école Top Gun pour une mission spéciale qu’aucun pilote n’aurait jamais imaginée. Lors de cette mission, Maverick rencontre le lieutenant Bradley “Rooster” Bradshaw, le fils de son défunt ami, le navigateur Nick “Goose” Bradshaw. Face à un avenir incertain, hanté par ses fantômes, Maverick va devoir affronter ses pires cauchemars au cours d’une mission qui exigera les plus grands des sacrifices.

De l’action de haut vol

Joseph Kosinski fait revenir Pete Mitchell alias Maverick, plus de trente ans après la sortie de Top Gun. Les décennies passant, le long-métrage de Ridley Scott est toujours érigé au rang de film culte. Je m’interroge encore sur les raisons de ce succès infaillible. Le scénario est aussi épais que du papier à cigarettes. Je le considère surtout comme un buddy movie teinté d’homo-érotisme auquel on aurait ajouté des cascades aériennes et une romance au soleil couchant. Malgré ma perplexité, j’étais curieuse de savoir comment ils allaient s’y prendre pour renouveler le mythe. Il faut reconnaître que le film de Ridley Scott n’offrait pas beaucoup de marges de manœuvre. Le risque de servir un copier-coller était immense.

Joseph Kosinski propose une intrigue articulée entre la nouvelle fonction de Maverick en tant qu’instructeur et sa confrontation avec le fils de son ami défunt. Le réalisateur joue la carte de la nostalgie dès les premières minutes du film, que ce soit à travers la musique, l’évocation de vieux souvenirs ou la reprise de scènes cultes. Cependant, Top Gun : Maverick n’est pas une redite du premier opus. Ce film met davantage l’accent sur l’humain et les conditions éprouvantes du métier de pilote. La menace de voir les aviateurs disparaître au profit des drones apporte une touche supplémentaire à l’histoire. A ce propos, la technologie actuelle donne lieu à des cascades époustouflantes. Les sensations sont même épidermiques. Top Gun : Maverick se pose en tant que digne successeur en proposant une histoire de transmission. Un partage entre deux générations de pilote, teinté de culpabilité pour Maverick et de soif de revanche pour Rooster.

Ce long-métrage montre aussi à quel point Pete Mitchell a changé. Adieu le jeune loup arrogant, bienvenue au pilote expérimenté qui a appris de ses erreurs. Le personnage est d’ailleurs plus subtil que tous ceux qui gravitent autour de lui. je dirais même que Pete Mitchell se confond avec Tom Cruise. Personne n’ignore que l’acteur est mégalomane. Le héros, au sourire en coin irrésistible, semble adulé par toutes les personnes qui croisent son chemin. Top Gun : Maverick ne cesse de souligner les actes de bravoure qu’il aurait réalisé au cours des trente ans qui séparent les deux films. Seulement, le spectateur ne saura jamais ce qu’il a accompli. Ces informations ne serviraient qu’à glorifier un personnage dont le titre laissait déjà supposer qu’il serait au centre du film. Les autres personnages sont destinés à passer à la trappe. Maverick occupe presque tout l’espace. Son statut de héros n’a d’égal que la lourde responsabilité que s’est attribuée Tom Cruise de sauver le cinéma. Le coup de gueule de la star lors du tournage de Mission : Impossible 7 en est une parfaite illustration.

Rooster est censé être sur le devant de la scène, aux côtés de son mentor. Il est simplement présenté comme le fils de son père. Le jeune homme a hérité de la même moustache et de la même coiffure, au cas où le spectateur aurait oublié son lien de parenté avec Goose. Les autres pilotes feraient presque office de figurants. Ils se révèlent inexistants. On ne peut pas non plus faire l’impasse sur le traitement réservé à Penny, le dernier love interest de Maverick. Son rôle est avant tout symbolique. Elle représente à elle seule toutes les vies que Pete aurait pu avoir. Charlotte alias « Charlie » disparaît tout bonnement de la circulation. Le film n’évoquera jamais ce qu’elle est devenue. Son absence s’explique officiellement par la volonté de ne pas tourner toute l’intrigue vers le passé. Je pense plutôt que Kelly Mc Gillis ne correspondait plus aux canons de beauté. Maverick se retrouve entouré d’une ribambelle de personnages secondaires dont on ne saura finalement pas grand-chose.

Le film force parfois le trait mais il est aussi capable d’éviter les écueils. Les retrouvailles entre Maverick et Iceman constituent un moment de cinéma dans l’histoire de Top Gun. Elles se révèlent d’autant plus émouvantes que la frontière entre réalité et fiction s’estompe. A l’image de Val Kilmer, l’ange gardien de Pete souffre d’une grave maladie. Certains trouveront ce parallèle opportuniste, d’autres seront bouleversés. Quoiqu’il en soit, il est difficile de rester insensible face à l’ultime recommandation d’Iceman.

Top Gun : Maverick ne bascule jamais dans la mièvrerie sentimentale. La scène d’amour est éclipsée par des confessions sur l’oreiller, là où le premier opus jouait la carte de la sensualité. Ce choix est le bienvenu. En revanche, l’arrivée de Penny aurait mérité d’être plus développée. Sa rencontre avec Pete a eu lieu entre les deux films. Les scénaristes nous font alors comprendre que tous deux partagent une sincère complicité. Seulement, le spectateur est tenu à l’écart de leur histoire. Alors que Penny fait timidement son apparition, l’ombre de Charlotte plane encore sur Top Gun.

Top Gun : Maverick ne sait pas toujours sur quel pied danser, oscillant entre hommages appuyés et volonté de s’affranchir du premier opus. J’ai trouvé ce long-métrage meilleur que le précédent. Incontestablement. Seulement, trente six ans séparent les deux films. Suivant la génération à laquelle on appartient, il est probable que les opinions divergent. Top Gun : Maverick reprend le flambeau mais il reste concentré sur sa super-star qui croule sous les éloges depuis la projection du film au festival de Cannes. A voir.

Note : 3.5 sur 5.

7 commentaires sur « Top Gun : Maverick – Joseph Kosinski »

  1. Je vois que l’on partage pleinement notre avis sur cette suite ! Je l’appréhendais, mais quelle magnifique surprise, qui m’a complètement bouleversé, alors que je ne m’y attendais pas…Notamment cette scène entre Tom Cruise et Val Kilmer, surtout lorsque l’on connaît les coulisses, dûes à l’état de santé de cet acteur que j’aime tant !

    Aimé par 1 personne

    1. Les regards entre les deux acteurs en disent long. Il n’y a pas besoin d’en faire des caisses pour transmettre des émotions. J’ai trouvé que « Top Gun : Maverick » était meilleur à tout niveau mais il faut reconnaître que le premier film reflète l’état d’esprit d’une époque. Une conception qui a vieilli, même si certaines scènes sont cultes.

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